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Sur un souverain, la lettre d'atelier est minuscule, mais c'est elle qui change tout. Prenez une loupe et regardez d'abord le revers. Si vous voyez le cavalier, la lettre se trouve sur le bout de sol où se tient le cheval, juste au-dessus du millésime : S pour Sydney, M pour Melbourne, P pour Perth, C pour Ottawa, I pour Bombay, SA pour Pretoria. Si vous voyez un écu, elle se trouve sous la couronne de laurier. Certains saint Georges australiens de Victoria la portent ailleurs, sous le buste, côté portrait.
L'absence de lettre signifie Londres. C'est le cas le plus fréquent, mais pas toujours le moins intéressant : 1819 et 1917 sont des dates de Londres difficiles. À l'inverse, une lettre lointaine ne garantit rien : Perth et Pretoria ont produit des millions de pièces ordinaires. Pour comprendre la logique des lettres d'atelier en général (A pour Paris, BB pour Strasbourg sur les monnaies françaises), consultez le guide des ateliers monétaires.
Les portraits successifs : dater une pièce usée
Quand le millésime est effacé, l'effigie suffit souvent à situer la pièce. George III figure sur les toutes premières années, puis George IV, d'abord avec une tête laurée, ensuite tête nue. Guillaume IV (1830-1837) a une tête nue sculptée d'après Chantrey, toujours avec l'écu et le mot « ANNO » devant la date. Victoria apparaît d'abord en jeune femme aux cheveux noués, puis avec une petite couronne et un voile pour le jubilé de 1887, enfin en vieille reine voilée à partir de 1893.
Au XXe siècle, Édouard VII (1902-1910) puis George V (1911-1932) portent des têtes nues barbues : ce sont les souverains les plus produits. Élisabeth II se reconnaît à ses cinq effigies successives, de la jeune femme couronnée de laurier de Mary Gillick (1957) à la reine diadémée de Jody Clark. Charles III, de profil à gauche, est signé Martin Jennings.
Le revers aide aussi : un saint Georges avec une date entre 1826 et 1870 n'existe pas pour Londres. Une pièce qui combine les deux est à examiner de près.
Pièce d'époque ou contrefaçon ?
Peu de monnaies d'or ont été copiées autant que celle-ci. Longtemps après sa disparition des paiements britanniques, elle restait recherchée en Grèce et au Moyen-Orient. Des faussaires ont donc travaillé en Syrie, en Italie, en Suisse, puis au Liban au début des années 1970, souvent avec de l'or au titre légal. Une pièce au bon poids n'est donc pas forcément authentique. La Royal Mint a d'ailleurs relancé la frappe en 1957 en partie pour répondre à ces imitations.
Les indices utiles : un relief flou ou pâteux, une surface piquée qui trahit un moulage, des stries de tranche inégales, et surtout une date qui ne colle pas avec le portrait ou avec l'atelier (un George V daté 1935, une lettre I sur une autre année que 1918). Le guide reconnaître une fausse pièce détaille les contrôles de base. En cas de doute, faites examiner la pièce par un numismate plutôt que de la tester vous-même à l'acide.
Le souverain d'or britannique : les pièces à ne pas confondre
Le demi-souverain reprend les mêmes dessins sur un flan plus petit, de 19,30 mm, avec deux fois moins d'or ; ses dates rares lui sont propres. La guinée, qui l'a précédé jusqu'au début du XIXe siècle, est plus lourde et porte un autre revers. Les souverains d'épreuve modernes, en coffret, ont un champ miroir et ne doivent pas être confondus avec les pièces de série.
Côté britannique toujours, la Britannia moderne est une once d'or, bien plus grande : elle est présentée avec les onces d'or et d'argent modernes. Enfin, les visiteurs habitués au continent confondent parfois le souverain avec le 20 francs Napoléon ou les 20 francs de l'Union latine : diamètres proches, mais or à 900 ‰, poids de 6,45 g et légendes en français, en italien ou en grec.
L'usure sur le cavalier et sur l'effigie
Le saint Georges révèle vite les heures de circulation. Commencez par le casque et la crinière, poursuivez par la jambe du cavalier et l'épaule du cheval : ces reliefs s'aplatissent en premier. Les écailles et la queue enroulée du dragon s'estompent ensuite. Sur l'écu, contrôlez les perles de la couronne et la nervure des feuilles de laurier.
Côté effigie, cherchez les points saillants propres à chaque règne : barbe et oreille pour George V, pommette et mèches au-dessus de l'oreille pour Édouard VII, ruban et chignon pour la jeune Victoria.
Beaucoup de souverains ont fini en pendentif ou en bracelet. Une soudure, une trace de bélière, des stries de polissage sont courantes. Elles pèsent peu sur une date commune, beaucoup sur une date rare. Ne cherchez pas à faire briller la pièce : le guide nettoyer une pièce explique pourquoi, et la grille des états de conservation donne le vocabulaire employé.