Aller au contenu
Monnaies étrangères · Royaume-Uni

Le souverain d'or britannique

Royaume-Uni · depuis 1817 · Or

Fiche rédigée par l'équipe de Maison Or & Bijoux Cannes · mise à jour le

Souverain or de George V, aversSouverain, revers à saint Georges terrassant le dragon
Photos : Snd3054, CC0, via Wikimedia Commons, détourées sur fond noir.
Fiche technique
PaysRoyaume-Uni
MétalOr à 22 carats (916,7 ‰)
Poids7,988 g ; demi-souverain 3,99 g
Or fin7,322 g ; demi-souverain 3,66 g
Diamètre22,05 mm ; demi-souverain 19,30 mm
Années de frappe1817 à nos jours, avec des pauses (pas de pièces de circulation entre 1933 et 1956)
AteliersLondres (aucune lettre), Sydney (S), Melbourne (M), Perth (P), Ottawa (C), Bombay (I), Pretoria (SA)
Catégoriesétrangères, or

Pièce d'or d'une livre sterling, le souverain est frappé par la Royal Mint depuis 1817, et il l'a été aussi en Australie, au Canada, en Inde et en Afrique du Sud. Le portrait du roi ou de la reine donne l'époque, la petite lettre près de la date donne l'atelier. Sa diffusion, sur tous les continents où l'Empire britannique commerçait, explique qu'on le retrouve aujourd'hui dans des familles de toutes nationalités.

Identification

Le souverain d'or britannique : reconnaître la pièce

Souverain or de George V, avers

Avers

Effigie du souverain en titre, orientée à droite ou à gauche selon le règne, entourée d'un titre latin abrégé. Exemple sous George V : « GEORGIVS V D.G.BRITT:OMN:REX F.D.IND:IMP: ». Sur les premiers souverains de Victoria, la légende se limite à « VICTORIA DEI GRATIA ».

Souverain, revers à saint Georges terrassant le dragon

Revers

Soit le saint Georges à cheval combattant le dragon, dessiné par Benedetto Pistrucci et signé « B.P. » à côté du millésime ; soit un écu couronné aux armes du Royaume-Uni, entouré de laurier sous Victoria, avec « BRITANNIARUM REGINA FID: DEF: ». Le saint Georges couvre 1817-1825 puis toutes les années depuis 1871 ; l'écu occupe la période intermédiaire.

Tranche
Striée (cannelée) pour les pièces destinées aux paiements ; quelques émissions de collection récentes sont à tranche lisse.
Graveur
Pistrucci pour le cavalier ; Jean-Baptiste Merlen pour l'écu de 1825. Effigies : William Wyon (Guillaume IV d'après Chantrey, puis Victoria jeune), Joseph Edgar Boehm (1887), Thomas Brock (1893), George William de Saulles (Édouard VII), Bertram Mackennal (George V), puis Mary Gillick, Arnold Machin, Raphael Maklouf, Ian Rank-Broadley et Jody Clark pour Élisabeth II, Martin Jennings pour Charles III.
Millésimes et tirages

Le souverain d'or britannique : les dates à connaître

Le tableau associe une date et un atelier : pour s'en servir, il faut d'abord trouver la lettre. Au revers saint Georges, elle est gravée sur la petite terrasse entre les sabots et le millésime ; au revers à l'écu, elle se loge sous la couronne de laurier ; sur les premiers saint Georges australiens, cherchez-la sous le buste, côté portrait. Pas de lettre : la pièce sort de Londres. Les années 1920 de Sydney et de Melbourne demandent le plus d'attention.

Le souverain d'or britannique : millésimes et tirages
AnnéeAtelierTirageRemarque
1817Londresn. c.Toute première année, cavalier de Pistrucci.
1819Londres3 574Tirage minuscule, date très rare.
1838-1874Londresn. c.Effigie jeune de Victoria et revers à l'écu ; aucune frappe en 1840 et 1867.
1855-1870Sydneyn. c.Dessin local, revers « SYDNEY MINT AUSTRALIA ».
1871Sydney2 814 400Premier type londonien marqué S.
1872Melbournen. c.Début de l'atelier, lettre M.
1879Londresn. c.Faible production, se rencontre surtout très usé.
1899Perthn. c.Début de l'atelier, lettre P.
1908Ottawan. c.Premier souverain frappé au Canada, lettre C.
1916Ottawa6 111La date la plus difficile des souverains canadiens.
1917Londres1 014 714Rareté londonienne du XXe siècle.
1918Bombay1 294 372Unique millésime à la lettre I.
1919Melbourne514 257Peu courant.
1920Sydney360 000Fondu en quasi-totalité, l'une des grandes raretés.
1920Melbourne530 266Rare : une large part du tirage a disparu à la fonte.
1921Melbourne240 121Très rare.
1922Melbourne608 306Rare.
1923Pretoria406Ouverture de Pretoria (SA) ; s'y ajoutent 655 épreuves.
1924Sydney394 000Rarement proposé.
1925Londresn. c.Date reprise sur des frappes de 1949, 1951 et 1952.
1926Sydney1 031 050Fin de Sydney ; très rare, le tirage est trompeur.
1931Melbourne57 809Fin de Melbourne.
1932Pretoria1 066 680Ultime souverain de circulation à l'effigie de George V.
1957Londresn. c.Retour du souverain, effigie de Mary Gillick.
1974Londresn. c.Nouvelle reprise après une pause depuis 1968, effigie d'Arnold Machin.

Chiffres repris de Wikipédia (1819, Bombay 1918) et des relevés par atelier de goldsovereigns.co.uk, contrôlés sur des notices Heritage et de négociants spécialisés. Un tirage élevé ne garantit pas qu'une date soit courante : de nombreux souverains australiens ont été refondus. Seules les dates marquantes figurent ici.

Lire la marque d'atelier

Sur un souverain, la lettre d'atelier est minuscule, mais c'est elle qui change tout. Prenez une loupe et regardez d'abord le revers. Si vous voyez le cavalier, la lettre se trouve sur le bout de sol où se tient le cheval, juste au-dessus du millésime : S pour Sydney, M pour Melbourne, P pour Perth, C pour Ottawa, I pour Bombay, SA pour Pretoria. Si vous voyez un écu, elle se trouve sous la couronne de laurier. Certains saint Georges australiens de Victoria la portent ailleurs, sous le buste, côté portrait.

L'absence de lettre signifie Londres. C'est le cas le plus fréquent, mais pas toujours le moins intéressant : 1819 et 1917 sont des dates de Londres difficiles. À l'inverse, une lettre lointaine ne garantit rien : Perth et Pretoria ont produit des millions de pièces ordinaires. Pour comprendre la logique des lettres d'atelier en général (A pour Paris, BB pour Strasbourg sur les monnaies françaises), consultez le guide des ateliers monétaires.

Les portraits successifs : dater une pièce usée

Quand le millésime est effacé, l'effigie suffit souvent à situer la pièce. George III figure sur les toutes premières années, puis George IV, d'abord avec une tête laurée, ensuite tête nue. Guillaume IV (1830-1837) a une tête nue sculptée d'après Chantrey, toujours avec l'écu et le mot « ANNO » devant la date. Victoria apparaît d'abord en jeune femme aux cheveux noués, puis avec une petite couronne et un voile pour le jubilé de 1887, enfin en vieille reine voilée à partir de 1893.

Au XXe siècle, Édouard VII (1902-1910) puis George V (1911-1932) portent des têtes nues barbues : ce sont les souverains les plus produits. Élisabeth II se reconnaît à ses cinq effigies successives, de la jeune femme couronnée de laurier de Mary Gillick (1957) à la reine diadémée de Jody Clark. Charles III, de profil à gauche, est signé Martin Jennings.

Le revers aide aussi : un saint Georges avec une date entre 1826 et 1870 n'existe pas pour Londres. Une pièce qui combine les deux est à examiner de près.

Pièce d'époque ou contrefaçon ?

Peu de monnaies d'or ont été copiées autant que celle-ci. Longtemps après sa disparition des paiements britanniques, elle restait recherchée en Grèce et au Moyen-Orient. Des faussaires ont donc travaillé en Syrie, en Italie, en Suisse, puis au Liban au début des années 1970, souvent avec de l'or au titre légal. Une pièce au bon poids n'est donc pas forcément authentique. La Royal Mint a d'ailleurs relancé la frappe en 1957 en partie pour répondre à ces imitations.

Les indices utiles : un relief flou ou pâteux, une surface piquée qui trahit un moulage, des stries de tranche inégales, et surtout une date qui ne colle pas avec le portrait ou avec l'atelier (un George V daté 1935, une lettre I sur une autre année que 1918). Le guide reconnaître une fausse pièce détaille les contrôles de base. En cas de doute, faites examiner la pièce par un numismate plutôt que de la tester vous-même à l'acide.

Le souverain d'or britannique : les pièces à ne pas confondre

Le demi-souverain reprend les mêmes dessins sur un flan plus petit, de 19,30 mm, avec deux fois moins d'or ; ses dates rares lui sont propres. La guinée, qui l'a précédé jusqu'au début du XIXe siècle, est plus lourde et porte un autre revers. Les souverains d'épreuve modernes, en coffret, ont un champ miroir et ne doivent pas être confondus avec les pièces de série.

Côté britannique toujours, la Britannia moderne est une once d'or, bien plus grande : elle est présentée avec les onces d'or et d'argent modernes. Enfin, les visiteurs habitués au continent confondent parfois le souverain avec le 20 francs Napoléon ou les 20 francs de l'Union latine : diamètres proches, mais or à 900 ‰, poids de 6,45 g et légendes en français, en italien ou en grec.

L'usure sur le cavalier et sur l'effigie

Le saint Georges révèle vite les heures de circulation. Commencez par le casque et la crinière, poursuivez par la jambe du cavalier et l'épaule du cheval : ces reliefs s'aplatissent en premier. Les écailles et la queue enroulée du dragon s'estompent ensuite. Sur l'écu, contrôlez les perles de la couronne et la nervure des feuilles de laurier.

Côté effigie, cherchez les points saillants propres à chaque règne : barbe et oreille pour George V, pommette et mèches au-dessus de l'oreille pour Édouard VII, ruban et chignon pour la jeune Victoria.

Beaucoup de souverains ont fini en pendentif ou en bracelet. Une soudure, une trace de bélière, des stries de polissage sont courantes. Elles pèsent peu sur une date commune, beaucoup sur une date rare. Ne cherchez pas à faire briller la pièce : le guide nettoyer une pièce explique pourquoi, et la grille des états de conservation donne le vocabulaire employé.

À Cannes

Le souverain d'or britannique sur la Côte d’Azur

Le lien entre Cannes et les Britanniques commence en décembre 1834 : Lord Brougham, qui allait en Italie avec sa fille malade, trouve fermée la frontière du comté de Nice, alors sarde, à cause du choléra, et fait halte à Cannes. Séduit, il y fait bâtir la villa Éléonore-Louise et y attire l'aristocratie anglaise ; il meurt à Cannes en 1868. Le souverain britannique de cette époque est celui de Guillaume IV, au revers à l'écu : le saint Georges ne revient qu'en 1871. La pièce n'a jamais été une monnaie légale en France, mais la clientèle de la Côte d'Azur est en partie britannique et internationale ; vous pouvez montrer votre souverain à la boutique de Cannes pour l'identifier.

Le souverain d'or britannique : questions fréquentes

Le souverain a-t-il été une monnaie légale en France ?

Non. Il a pourtant traversé la Manche en quantité : en 1819, Robert Peel estimait que les trois quarts de l'or frappé en France l'année précédente provenaient de souverains refondus.

La date de mon souverain est illisible : comment le situer ?

Par l'effigie et le revers. Une vieille reine voilée renvoie à 1893-1901, un roi barbu tête nue à Édouard VII ou George V, un écu avec le mot « ANNO » à Guillaume IV.

Pourquoi certains souverains de Victoria montrent-ils un écu et d'autres saint Georges ?

L'écu a remplacé le cavalier en 1825. Celui-ci est revenu en 1871, et les deux revers ont été frappés en même temps à Londres jusqu'en 1874, et en Australie jusqu'en 1887.

Un souverain frappé en Australie est-il forcément rare ?

Non. Sydney, Melbourne et Perth ont produit des millions de pièces courantes. Ce sont certaines années, surtout dans les années 1920, qui sont recherchées.

Pour aller plus loin
Sources