Reconnaître le pays au premier regard
Commencez par le motif, puis vérifiez le pays écrit sur la pièce. La Maple Leaf montre une seule feuille d'érable et l'inscription « CANADA ». L'American Eagle porte la Liberté en marche d'un côté, un aigle de l'autre ; la mention « UNITED STATES OF AMERICA » lève le doute. Sur le Buffalo, un bison et un profil amérindien. La Britannia représente une figure féminine casquée tenant un trident et un bouclier, avec le portrait du monarque britannique au dos.
La Philharmonique autrichienne réunit des instruments à cordes, un cor et un basson, et l'orgue de la salle dorée de Vienne ; ses inscriptions sont en allemand. La Panda chinoise change de dessin presque chaque année, mais garde le temple du Ciel à l'avers. L'Australie a d'abord représenté une pépite (Nugget, 1986), puis un kangourou à partir de 1989.
Le genre est né avec le Krugerrand sud-africain de 1967 ; la Maple Leaf a suivi en 1979, puis la Panda en 1982, l'Eagle en 1986, la Britannia en 1987 et la Philharmonique en 1989.
Or pur ou or à 22 carats : lire le titre
Le titre est presque toujours inscrit. « 9999 » ou « 999,9 » signale de l'or pur : Maple Leaf depuis la fin de 1982, Philharmonique, Kangourou, Buffalo, et Britannia à partir de 2013. L'Eagle d'or et la Britannia d'avant 2013 sont à 22 carats, soit 916,7 ‰ : pour la même once d'or fin, la pièce pèse 33,93 g au lieu de 31,10 g et prend une teinte plus chaude.
En argent, la Maple Leaf est à 999,9 ‰, l'Eagle et la Philharmonique à 999 ‰. La Britannia d'argent est restée au titre dit « Britannia », 958 ‰, jusqu'en 2012, avant de passer à 999 ‰.
Un cas à part : la Panda. Depuis 2016, la Chine indique le poids en grammes ; la pièce d'or principale contient 30 g et non plus une once. Une Panda de 2016 ou après pèsera donc un peu moins qu'une Panda plus ancienne sans être fausse.
Les onces d'or et d'argent modernes : les pièces à ne pas confondre
Les rounds, petits disques d'une once vendus par les affineurs, contiennent le même métal mais ne sont pas des monnaies : ils n'indiquent ni pays ni dénomination. Les répliques plaquées vendues en souvenir copient fidèlement le motif et ne portent parfois qu'une discrète mention « COPY » ou « PLATED ».
Entre modèles authentiques, les erreurs viennent surtout des fractions, qui reprennent le dessin de l'once : seule la mention de poids change. L'Eagle d'or moderne emprunte sa Liberté aux 20 dollars or Saint-Gaudens de 1907-1933, mais le revers et le poids diffèrent. La Britannia n'a rien de commun avec le souverain, pièce britannique plus petite et plus ancienne. Quant à l'Eagle d'argent, sa Liberté vient du demi-dollar de Weinman et non du dollar Morgan, autre grande pièce d'argent américaine.
Épreuves, marques privées et contrefaçons
Presque chaque modèle existe en qualité ordinaire, au fond brillant uniforme, et en épreuve, au fond miroir, parfois en « reverse proof » où le contraste est inversé. Certaines années reçoivent une petite marque privée dans le champ. Les épreuves de l'Eagle d'argent portent une lettre d'atelier, S, P ou W ; la 1995-W, proposée seulement dans un coffret anniversaire d'environ 30 000 exemplaires, est la date clé de la série. La Panda de 2001 reprend le dessin de 2002, seule exception à la règle du motif annuel.
Pour gêner les faussaires, la Monnaie royale canadienne grave depuis 2013 une petite feuille au laser, avec le chiffre de l'année visible à la loupe, et a ajouté en 2015 des lignes rayonnantes sur le fond de la Maple Leaf d'or.
NGC classe la Panda parmi les pièces étrangères les plus imitées. Les fausses Pandas d'argent sont souvent en cuivre argenté, donc trop légères ; les faux en or peuvent cacher un cœur de tungstène. Poids, diamètre, épaisseur et tranche se contrôlent ensemble : voir le guide reconnaître une fausse pièce.
Taches, contacts et capsules
Ces pièces sont passées de coffret en coffre, pas de main en main. On y voit donc des marques de contact, laissées par le frottement dans un tube, plus que de l'usure. Les points à examiner varient selon le modèle : nervures de la feuille et joue du portrait sur la Maple Leaf, cordes de la harpe et pavillon du cor sur la Philharmonique, poitrine et genou de la Liberté sur l'Eagle d'or, casque et bouclier sur la Britannia.
L'argent fin est tendre et s'oxyde. Des taches blanchâtres, appelées « milk spots », sont signalées sur des Maple Leaf d'argent, et un voile jaune ou sombre peut se former avec les années. L'or à 22 carats supporte mieux les frottements que l'or pur.
Laissez les épreuves dans leur capsule, car une empreinte de doigt marque le miroir. Ne frottez jamais une once tachée : le guide nettoyer une pièce explique ce qu'on y perd, et le guide des états de conservation précise le vocabulaire.