Aller au contenu
Monnaies françaises · XIXe siècle

Le 20 francs or de Napoléon III

1853-1870 · Or

Fiche rédigée par l'équipe de Maison Or & Bijoux Cannes · mise à jour le

20 francs or Napoléon III tête laurée, 1866, avers20 francs or 1866, atelier A, revers aux armes impériales
Photos : Paris Musées / musée Carnavalet, CC0, via Wikimedia Commons, détourées sur fond noir.
Fiche technique
MétalOr 900 ‰
Poids6,45 g
Or fin5,806 g
Diamètre21 mm
Années de frappeTête nue de 1853 à 1860, tête laurée de 1861 à 1870
AteliersA pour Paris, BB pour Strasbourg, D pour Lyon (1855 seulement)
Tirage totalTête nue : 146 544 669 ; tête laurée : environ 85,5 millions
RéférencesF.531 (tête nue), F.532 (tête laurée)
Catégoriesfrançaises, or

Le 20 francs or à l'effigie de Napoléon III est la pièce que l'on appelle « napoléon » dans son sens d'origine. Deux portraits se succèdent : la tête nue jusqu'en 1860, puis la tête couronnée de laurier. Plus de 230 millions d'exemplaires sont sortis des ateliers entre 1853 et 1870, si bien que seules certaines dates et variétés retiennent l'attention des collectionneurs.

Identification

Le 20 francs or de Napoléon III : reconnaître la pièce

20 francs or Napoléon III tête laurée, 1866, avers

Avers

Profil de l'empereur tourné vers la droite : tête nue sur les pièces de 1853 à 1860, ceinte d'une couronne de laurier de 1861 à 1870. Le nom BARRE est gravé sous la troncature du cou. Légende : « NAPOLEON III EMPEREUR ».

20 francs or 1866, atelier A, revers aux armes impériales

Revers

Premier type (1853-1860) : « 20 FRANCS » et l'année au centre de deux rameaux de laurier noués, entourés de la légende « EMPIRE FRANÇAIS » ; la lettre d'atelier se place sous le nœud. Second type (1861-1870) : les armes impériales, c'est-à-dire un aigle sur un foudre dans un écu cerné du collier de la Légion d'honneur, devant un manteau sommé d'une couronne ; « 20 » et « FR » encadrent l'écu, l'année et la lettre d'atelier occupent le bas, sous la même légende.

Tranche
Lettres en relief « DIEU * PROTEGE * LA * FRANCE ». Seule exception : de rares exemplaires de 1853 à 1855 sur flan bruni, destinés à être présentés ou offerts, à tranche lisse.
Graveur
Tête nue : Jacques-Jean Barre, graveur général de la Monnaie de Paris jusqu'en 1855. Tête laurée : Albert-Désiré Barre, son fils, qui lui succède à ce poste.
Millésimes et tirages

Le 20 francs or de Napoléon III : les dates à connaître

Ce tableau retient les couples année et atelier qui comptent : ceux frappés en masse, que l'on rencontre le plus, et ceux dont la production est restée faible. Repérez la lettre d'atelier avant toute chose, puis les deux minuscules symboles du revers : pour une même date, ce sont eux qui séparent une pièce ordinaire d'une variété.

Le 20 francs or de Napoléon III : millésimes et tirages
AnnéeAtelierTirageRemarque
1853A5 729 471Ouverture de la série à tête nue
1854A23 485 957Tirage le plus élevé de la tête nue
1855A16 595 397Différents tête de chien et main, ou main et ancre
1855BB1 759 701Abeille associée à la tête de chien (moins fréquente) ou à l'ancre
1855D363 017Unique millésime lyonnais, lion en plusieurs variétés ; tirage le plus bas de la tête nue
1856BB1 125 030Tirage BB le plus bas de la tête nue ; la variété à la tête de chien est recherchée
1857A19 193 214Pas de frappe BB connue à cette date
1858BB2 016 653Chiffre contesté (voir la note)
1859BB5 870 646Date fréquente
1860A10 219 917Variété au 6 regravé sur un 5
1860BB5 726 718La variété 6 sur 5 existe aussi
1861A2 607 054Débuts de la tête laurée
1861BB1 423 199Tirage BB le plus bas de la tête laurée
1862A4 825 915Variété au grand A
1864BB3 323 192Deux tailles de lettres BB
1865A2 951 440Production parisienne réduite
1866BB6 978 507Rare variété à tranche striée
1867A2 923 024Production parisienne réduite
1867BB4 516 490Deux tailles de lettres BB
1868A9 281 061Tirage le plus élevé de la tête laurée
1869BB7 316 553Deux tailles de lettres BB ; chiffre contesté (voir la note)
1870A864 873Tirage le plus bas de la tête laurée
1870BB1 852 567Ultime millésime BB du type

Chiffres tirés des tableaux de BDOR et d'Abacor, qui se recoupent ; les variétés suivent le catalogue Le Franc (F.531 et F.532). Lorsqu'une date se décline en plusieurs variétés, le tirage indiqué les regroupe. D'autres sources divergent : Numista avance 1 817 394 pièces pour 1855 BB, CGB 2 067 740 pour 1858 BB, et CGB attribue 864 873 pièces à une variété de 1869 BB. Les dates non reprises ici ont des tirages moyens.

Deux effigies pour un même règne

Louis-Napoléon Bonaparte prend le nom de Napoléon III lorsque le Second Empire est proclamé, en décembre 1852. Son profil apparaît sur la pièce d'or de 20 francs dès 1853. Les normes restent celles fixées en 1803 par la loi du 7 germinal an XI : 6,45 g d'or au titre de 900 millièmes. Le surnom de « napoléon », né avec les pièces du premier empereur, s'est ensuite étendu à toutes les 20 francs or, quel que soit le régime.

Les années 1850 voient affluer l'or de Californie et d'Australie, et les ateliers tournent à plein : de 1854 à 1859, Paris dépasse chaque année les 16 millions de pièces. En 1861, la pièce change d'aspect. Albert-Désiré Barre ajoute une couronne de laurier au portrait et remplace les rameaux du revers par les armes de l'Empire.

En 1865, une convention réunit la France, la Belgique, l'Italie et la Suisse dans l'Union latine : leurs pièces d'or, de même poids et de même titre, passent librement d'un pays à l'autre. La défaite de Sedan, en septembre 1870, emporte l'Empire et met fin à cette frappe ; la République revient au 20 francs Génie. Les napoléons de Napoléon III ont circulé jusqu'en 1914, ce qui explique l'usure de la plupart des exemplaires. Voir aussi les monnaies françaises du XIXe siècle.

Lettre d'atelier et symboles du revers

Retournez la pièce. Sur la tête nue, la lettre d'atelier se loge sous le nœud des deux rameaux ; sur la tête laurée, elle se trouve en bas, tout près de l'année. Trois lettres existent : A pour Paris, de loin la plus répandue, BB pour Strasbourg, et D pour Lyon, qui n'a produit ce napoléon qu'en 1855. Le guide des ateliers monétaires présente ces lettres en détail.

À proximité figurent deux petits signes, appelés « différents ». Le premier renvoie au graveur général : une tête de chien pour Jacques-Jean Barre, une ancre pour son fils Albert-Désiré, en fonction à partir de 1855. Le second renvoie à la direction de l'atelier : une main à Paris, une abeille à l'atelier BB, un lion à Lyon.

En 1855, le changement de graveur général fait coexister deux combinaisons : Paris comme l'atelier BB livrent des pièces à la tête de chien et d'autres à l'ancre, les premières étant moins nombreuses. Sur la tête laurée, observez plutôt la taille de la lettre : un grand A existe en 1862, un petit et un grand BB en 1864, 1867 et 1869. Une loupe grossissant dix fois suffit pour ces vérifications.

Pièce d'époque ou imitation ?

Certaines variétés authentiques déroutent au premier examen. Le millésime 1860 existe avec un 6 regravé par-dessus un 5, à Paris comme à l'atelier BB. Le 1866 BB se rencontre, rarement, avec une tranche striée. Les flans brunis de 1853 à 1855 ont une tranche lisse. Quant aux essais de la tête laurée, datés 1861, 1862 et 1868, ils ne sortent presque jamais des collections.

Les contrefaçons forment deux groupes. Le premier remonte au Second Empire : des faussaires ont frappé des napoléons en platine, pour des dates des deux types, parmi lesquelles 1858 A, 1860 BB, 1865 BB ou 1867 BB. Le poids peut faire illusion, mais une teinte grise se révèle sur les parties frottées ou rayées. Ces faux anciens sont aujourd'hui gardés comme témoins de leur époque.

Le second groupe réunit des copies récentes en or, au titre parfois correct. Les signes d'alerte : un relief sans netteté, une chevelure pauvre en détails, des lettres de tranche mal alignées, un poids qui s'écarte de la norme. Trois mesures simples : 6,45 g (quelques centièmes de moins sur une pièce très usée), 21 mm de diamètre, une inscription de tranche franche. Les autres contrôles figurent dans le guide reconnaître une fausse pièce.

Le 20 francs or de Napoléon III : les pièces à ne pas confondre

  • Le 20 francs de Napoléon Ier : même poids et même diamètre, mais la légende ne porte pas le chiffre III et les dates vont de l'an XI à 1815.
  • Le 20 francs Génie et le 20 francs Coq : caractéristiques identiques, mais aucun portrait d'empereur et la mention « REPUBLIQUE FRANÇAISE ».
  • Les pièces des pays voisins : la Belgique, la Suisse et l'Italie ont frappé des 20 francs et des 20 lires au même étalon. Le nom d'un roi ou la tête d'Helvetia les signale tout de suite (voir les 20 francs de l'Union latine).
  • Le 20 francs de Monaco : frappé à Paris en 1878 et 1879, avec la lettre A, au nom du prince Charles III. La légende « CHARLES III PRINCE DE MONACO » et les armoiries princières du revers l'identifient.
  • Le 10 francs or du même règne : portraits semblables, mais une pièce deux fois plus légère et de plus petit diamètre.

En cas de doute, la lecture de la légende et une pesée tranchent presque toujours.

Juger l'usure, portrait par portrait

Tête nue. Les cheveux situés au-dessus de l'oreille et près de la tempe s'usent les premiers ; viennent ensuite la pommette, puis l'extrémité de la barbiche. Une pièce TTB garde des mèches distinctes, alors qu'en TB la chevelure n'est plus qu'une surface lisse. Côté revers, l'œil se porte sur les nervures du laurier et sur le nœud qui lie les rameaux.

Tête laurée. Regardez d'abord la couronne : les nervures des feuilles disparaissent tôt, puis les feuilles se confondent avec les cheveux. Au revers, l'aigle, le foudre et les maillons du collier s'effacent avant les plis du manteau.

La majorité des napoléons conservés dans les familles se classent TB ou TTB. Un exemplaire SUP conserve son brillant d'origine dans les champs, autour des lettres. Évitez tout nettoyage : le frottement laisse de fines rayures qui retirent à la pièce presque tout son intérêt pour un collectionneur. Voir le guide des états de conservation et la page nettoyer une pièce.

À Cannes

Le 20 francs or de Napoléon III sur la Côte d’Azur

Le 24 mars 1860, sous le règne de Napoléon III, le traité de Turin cède à la France le comté de Nice, qui dépendait jusque-là du royaume de Sardaigne ; les habitants l'approuvent par le plébiscite des 15 et 16 avril. La loi du 23 juin 1860 crée ensuite le département des Alpes-Maritimes, qui réunit l'ancien comté et l'arrondissement de Grasse, détaché du Var : Cannes, déjà française, change ainsi de département. Avant le rattachement, Nice utilisait la lire sarde, alignée à parité sur le franc et capable de circuler en France. Menton et Roquebrune suivent en 1861, après le rachat des droits du prince de Monaco. Vous pouvez montrer votre napoléon à la boutique de Cannes pour faire lire sa lettre d'atelier et ses différents.

Le 20 francs or de Napoléon III : questions fréquentes

Un napoléon trouvé sur la Côte d'Azur diffère-t-il des autres ?

Non. Les pièces de ce type portent toutes l'une des lettres A, BB ou D ; il n'existe aucune marque propre à Nice ou à la région. Ce sont la date, les différents et l'état qui distinguent une pièce d'une autre.

Comment dater ma pièce d'un coup d'œil, avant même de lire l'année ?

Observez la tête de l'empereur : sans couronne, la pièce date de 1853 à 1860 ; avec une couronne de laurier, de 1861 à 1870. Le revers le confirme : rameaux et « 20 FRANCS » pour le premier type, écu à l'aigle pour le second.

Mon napoléon porte la lettre A : est-ce banal ?

Paris a frappé la grande majorité de ces pièces, donc la lettre A est la plus fréquente. L'intérêt se joue alors sur la date, les petits symboles du revers et l'état. Le 1870 A, au plus faible tirage de la tête laurée, fait partie des dates à examiner.

Ma pièce montre un reflet gris sur les reliefs : que faire ?

Une teinte grise sur les parties usées peut signaler un faux d'époque en platine. Ne grattez pas la pièce et faites-la examiner par un numismate lors d'une estimation gratuite.