Trois lectures pour situer un louis
Le roi. Repérez le chiffre après LVD dans la légende : XIII, XIIII (ou XIV), XV ou XVI. Le sens du portrait confirme : vers la droite pour les deux premiers règnes, vers la gauche ensuite.
Le revers. Le motif donne le type, donc la période : des L couronnés en croix pour le XVIIe siècle et le début du XVIIIe, deux écus ovales pour les lunettes, deux écus carrés pour la fin du règne de Louis XVI. Le tableau ci-dessus fait la correspondance.
L'atelier. Une lettre, parfois un signe, désigne l'hôtel des monnaies : A pour Paris, D pour Lyon, K pour Bordeaux, BB pour Strasbourg. Le signe & correspond à Aix-en-Provence. Selon le type, la marque est placée au centre de la croix, sous les écus ou sous le buste. Le guide des ateliers monétaires donne la liste complète.
Reste le millésime, lisible sur la plupart des types, et le poids, qui sert de contrôle final.
Le poids, fil conducteur des refontes
En 1640, le louis pèse un peu plus de 6,75 g d'or à 22 carats. Il est frappé au balancier : sa forme régulière permet de voir tout de suite s'il a été rogné. Ce poids est conservé jusqu'en 1709, date à laquelle le louis au soleil passe à 8,158 g.
La Régence bouleverse cet équilibre en quelques années : 12,235 g pour le louis de Noailles, 9,79 g environ de 1718 à 1723, puis 6,525 g seulement pour le mirliton. Un édit de janvier 1726 revient à 8,158 g, poids que gardent les louis aux lunettes, au bandeau, à la vieille tête et les premiers louis de Louis XVI.
La réforme de 1785 abaisse le louis à 7,649 g, avec le nouveau revers aux écus carrés.
En pratique, comparez le poids de votre pièce à celui de son type. Un manque nettement supérieur à quelques centigrammes oriente vers une usure forte, une rognure, un trou rebouché ou une copie.
Demi-louis, doubles et pièces de prestige
Le demi-louis reprend chaque type à moitié poids : 3,376 g jusqu'en 1709, environ 4,08 g pour les types au soleil, aux lunettes et au bandeau. Son diamètre tourne autour de 20 mm.
Le double louis n'a pas été frappé pour chaque type. Numista en signale sous Louis XIII de 1640 à 1643, puis pour les louis à l'écu, aux quatre L, aux insignes, au soleil, le mirliton, le bandeau et la vieille tête, enfin pour les deux types de Louis XVI. Le double louis à la tête nue de 1785-1792 atteint environ 28 mm.
La Monnaie de Paris a aussi produit en 1640 des pièces de 4, 8 et 10 louis, destinées au prestige et non aux paiements courants.
La méthode ne change pas pour ces dénominations : identifiez le type, lisez l'atelier et la date, puis vérifiez le poids attendu.
Pièce d'époque, bijou ou copie ?
Les réformations. Dans les années 1690, au lieu de refondre les louis en circulation, les ateliers les refrappaient avec un nouveau dessin. Des restes de l'ancienne empreinte apparaissent alors sous le nouveau type : contours doublés, lettres fantômes. Ces traces sont d'époque et les catalogues les décrivent.
Les louis montés. Beaucoup de louis ont été sertis ou munis d'une bélière. Une soudure sur la tranche, un anneau retiré ou un trou comblé réduisent nettement l'intérêt de collection, même si l'or reste authentique.
Les copies. On rencontre des imitations en or de faible titre et des pièces en métal doré. Poids au centième de gramme, diamètre et finesse des lettres sont les trois premiers contrôles ; le guide reconnaître une fausse pièce les détaille.
Ne pas confondre avec le napoléon. La pièce de 20 francs or, frappée à partir de 1803, est souvent appelée « louis » par habitude. C'est une autre monnaie, d'un autre système : voyez la fiche du 20 francs Napoléon III ou celle du 20 francs Génie.
Où l'usure se lit sur un louis
À l'avers, les reliefs les plus hauts cèdent d'abord : la chevelure au-dessus de l'oreille, la couronne de laurier ou le bandeau, puis la joue. Sur les portraits de Louis XV et de Louis XVI, le dessin des mèches disparaît en premier.
Au revers, observez les couronnes posées sur les écus ou sur les L, et les fleurs de lis à l'intérieur des écus. Si les perles des couronnes se confondent, la pièce a longtemps circulé.
Un réseau de fines rayures parallèles dans le champ signale un nettoyage, qui fait baisser l'état ; ne frottez donc rien (voir nettoyer une pièce). Un cordon de tranche aplati ou limé indique une pièce rognée ou passée par un bijoutier. La grille TB, TTB, SUP est expliquée dans le guide des états de conservation.