# L'écu de 5 francs en argent, de la Révolution à 1878

> L'écu de 5 francs est la grande pièce d'argent du XIXe siècle français : 25 g, 37 mm, une tranche gravée en lettres. Du Directoire à la IIIe République, chaque régime y a mis son portrait ou son emblème, si bien que le dessin suffit à dater la pièce à quelques années près. Frappé en dizaines de millions d'exemplaires et resté en circulation jusqu'en 1914, il se retrouve dans beaucoup de successions.

Mise à jour : 2026-10-30

## Fiche technique

| Caractéristique | Valeur |
| --- | --- |
| Métal | Argent 900 ‰ |
| Poids | 25 g |
| Argent fin | 22,5 g |
| Diamètre | 37 mm |
| Tranche | Inscrite (légende selon le régime) |
| Années de frappe | An 4 (1795-1796) à 1878 |
| Ateliers | A (Paris), BB (Strasbourg), K (Bordeaux), et selon les époques D (Lyon), W (Lille), Q (Perpignan), T (Nantes), MA (Marseille) et d'autres |
| Références | Le Franc (F.), Gadoury (Gad.), Davenport (Dav.), KM |

## L'écu de 5 francs en argent, de la Révolution à 1878 : reconnaître la pièce

- **Avers** : Trois familles de dessins. Le groupe d'Hercule, sous la légende « UNION ET FORCE » au Directoire, puis « LIBERTE EGALITE FRATERNITE » en 1848 et de 1870 à 1878. Un portrait légendé au nom du souverain : « NAPOLEON EMPEREUR », « LOUIS XVIII ROI DE FRANCE », « CHARLES X ROI DE FRANCE », « LOUIS PHILIPPE I ROI DES FRANÇAIS », « NAPOLEON III EMPEREUR ». Enfin la tête de Cérès entourée de « REPUBLIQUE FRANÇAISE ».
- **Revers** : « 5 FRANCS » au centre d'une couronne de feuillage sur les types républicains, sous Napoléon Ier et sous Louis-Philippe ; un écu d'armoiries couronné sous la Restauration et sur la Napoléon III tête laurée. On y lit toujours la date et la marque d'atelier, entourées de petits signes appelés différents, qui identifient le directeur de l'atelier et le graveur.
- **Tranche** : En lettres : « GARANTIE NATIONALE » sur l'Hercule du Directoire, « DOMINE SALVUM FAC REGEM » sous Louis XVIII et Charles X, « DIEU PROTEGE LA FRANCE » sur la majorité des autres types, dont les écus de Napoléon Empereur. En 1830-1831, les lettres sont en creux ou en relief selon la variété.
- **Graveur** : Augustin Dupré crée l'Hercule de 1795. Pierre-Joseph Tiolier grave les écus de Napoléon Empereur ; Auguste-François Michaut signe le second portrait de Charles X. Sous Louis-Philippe se succèdent Tiolier puis Joseph-François Domard. Eugène-André Oudiné grave la Cérès, Jean-Jacques Barre puis Albert-Désiré Barre les effigies de Louis-Napoléon et de Napoléon III.

## L'écu de 5 francs en argent, de la Révolution à 1878 : millésimes et tirages

Plusieurs centaines de couples date-atelier existent : ce tableau n'en retient qu'une sélection, avec des repères courants et des frappes peu nombreuses, dont plusieurs de Marseille (MA). Une date à petit tirage ne fait pas tout : sur un écu, l'état compte autant que le millésime.

| Type | Année | Atelier | Tirage | Remarque |
| --- | --- | --- | --- | --- |
| Hercule, Directoire | An 4 | A | n. c. | Année de création, seulement à Paris. |
| Hercule, Directoire | An 5 à an 9 | BB | n. c. | BB présent chaque année de l'an 5 à l'an 9. |
| Napoléon Empereur | 1808 | MA | 2 675 | Le plus petit tirage connu de Marseille pour ce type, rare. |
| Napoléon Empereur | 1809 à 1814 | A, BB et autres | n. c. | Revers « EMPIRE FRANÇAIS ». |
| Napoléon Empereur | 1811 | MA | 669 945 | Date de Marseille ni courante ni rare. |
| Napoléon, Cent-Jours | 1815 | A et autres | n. c. | Frappe courte, au retour de l'île d'Elbe. |
| Louis XVIII tête nue | 1816 à 1824 | A, BB et autres | n. c. | Tranche en latin, « DOMINE SALVUM FAC REGEM ». |
| Charles X | 1824 à 1830 | A, BB et autres | n. c. | Deux portraits successifs. |
| Charles X, second type | 1830 | MA | 1 802 267 | Nom de Michaut sous le buste. |
| Louis-Philippe | 1830 | MA | 65 448 | Frappe brève de Marseille, peu nombreuse. |
| Louis-Philippe, Tiolier et Domard | 1830 à 1831 | A, BB et autres | n. c. | Une dizaine de variétés et plus : portrait, tranche en creux ou en relief. |
| Louis-Philippe, IIe type Domard | 1837 | BB | 599 830 | Tirage BB le plus bas de ce type. |
| Louis-Philippe, IIe type Domard | 1838 | MA | 2 062 160 | Date de Marseille courante. |
| Hercule, IIe République | 1848 | A | 16 648 144 | Courante. |
| Hercule, IIe République | 1848 | BB | 2 300 304 | Courante. |
| Hercule, IIe République | 1848 | D | 146 008 | Petite frappe lyonnaise. |
| Hercule, IIe République | 1849 | A | 29 337 998 | Parmi les plus courantes. |
| Hercule, IIe République | 1849 | BB | 2 594 259 | Courante. |
| Cérès, IIe République | 1849 à 1851 | A, BB et autres | n. c. | Effigie de Cérès signée Oudiné. |
| Napoléon III tête nue | 1854 à 1859 | A et autres | n. c. | Signée Barre. |
| Napoléon III tête laurée | 1867 | BB | 4 337 636 | Courante. |
| Napoléon III tête laurée | 1870 | A | 6 246 264 | Courante. |
| Napoléon III tête laurée | 1870 | BB | 2 022 004 | Dernier écu à la lettre BB. |
| Cérès sans légende | 1870 | K | 569 662 | Gouvernement de la Défense nationale ; Bordeaux ne frappe que ce type en 1870. |
| Hercule, Défense nationale | 1870 | A | 335 609 | Premier Hercule de la IIIe République. |
| Hercule | 1871 | A | 237 906 | Différent à l'abeille. |
| Hercule, Commune de Paris | 1871 | A | 256 410 | Différent au trident, dit « Camélinat » ; recherché. |
| Hercule | 1872 | K | 20 994 | Très petite frappe, rare. |
| Hercule | 1873 | A | 26 974 890 | Date la plus commune de la IIIe République. |
| Hercule | 1874 | K | 4 000 000 | Courante. |
| Hercule | 1876 | A | 8 800 000 | Courante. |
| Hercule | 1877 | K | 660 863 | Moins courante. |
| Hercule | 1878 | K | 363 130 | Année finale, moins courante. |
| Hercule | 1878 | A | n. c. | Frappe minime, rare. |

Chiffres repris de BDOR (Hercule 1848-1849, Louis-Philippe 1837 BB, Hercule 1872-1878) et de CoinVarieties, qui s'appuie sur Le Franc (2014) pour 1867 BB, 1870 et 1871, et sur Prieur et Schmitt (2014) pour 1808 MA ; les autres dates de Marseille viennent des « recorded mintages » de CoinVarieties. Krause indique 4 224 000 pour 1867 BB. Faute de chiffre sûr, certains types restent en n. c. Dates et ateliers du Directoire selon Le Franc (F.288).

## Huit régimes sur une même pièce

Le module ne bouge pas de 1795 à 1878 ; seul le dessin change avec le pouvoir en place. Pour dater un écu, partez de l'avers.
- **Hercule debout entre deux figures** : Directoire, IIe République en 1848-1849, puis IIIe République de 1870 à 1878. La légende et la date départagent.
- **Portrait d'empereur** : Napoléon Ier, tête nue puis laurée, ou Napoléon III, tête nue dans les années 1850 puis tête laurée.
- **Portrait de roi** : Louis XVIII, Charles X, Louis-Philippe ; les légendes donnent le nom en toutes lettres.
- **Tête de femme couronnée d'épis** : la Cérès de 1849-1851, puis celle de 1870, cette dernière sans légende autour de la tête.Le revers complète la lecture : couronne de feuillage avec « 5 FRANCS » pour les uns, armoiries couronnées pour la Restauration et le Second Empire tardif. Pour situer la période dans son ensemble, voyez la rubrique [monnaies françaises du XIXe siècle](https://numismatique-cannes.fr/monnaies-francaises/xixe-siecle/).

## Lire l'atelier et les différents

Sous la date, une lettre indique la ville de frappe : A pour Paris, K pour Bordeaux, BB pour Strasbourg, D pour Lyon, W pour Lille, Q pour Perpignan, MA pour Marseille. Le guide des [ateliers monétaires](https://numismatique-cannes.fr/guides/ateliers-monetaires/) donne la liste complète.

De part et d'autre, deux minuscules symboles, les **différents**, signent le directeur de l'atelier et le graveur. Ils séparent parfois deux pièces de même date et de même lettre. L'exemple classique est 1871 A : une abeille pour la frappe ordinaire, un trident pour celle réalisée pendant la Commune de Paris, sous la direction de Zéphirin Camélinat à la Monnaie.

Regardez aussi le chiffre de la date. Sous le Directoire, les ateliers réutilisaient leurs coins d'une année à l'autre en regravant le millésime : on lit alors un chiffre posé sur un autre, comme an 6/5 ou an 8/5. Ces surcharges forment des variétés à part dans les catalogues.

Une lettre peu courante ne garantit pas la rareté : seul le couple date-atelier, vérifié dans un catalogue, renseigne sur le tirage.

## Ne pas confondre avec

**Les 5 lire du royaume de Sardaigne.** À partir de 1816, les États de Savoie ont adopté le poids et le titre français : la pièce de 5 lire pèse 25 g d'argent à 900 ‰, comme l'écu, et les deux monnaies circulaient indifféremment. Elle a été frappée à Turin et à Gênes ; la légende est en latin ou en italien et le portrait est celui du roi de Sardaigne.

**Les écus de l'Union latine.** À partir de 1865, la Belgique, la Suisse et l'Italie frappent des 5 francs ou 5 lire aux mêmes normes. Le pays se lit dans la légende ; voyez la rubrique [monnaies étrangères](https://numismatique-cannes.fr/monnaies-etrangeres/).

**Le 5 francs de Monaco de 1837.** Frappé à Monaco sous Honoré V avec la lettre M, c'est le seul écu monégasque du XIXe siècle. Il est rare et a été contrefait.

**Les faux.** Faux d'époque en étain ou en alliage commun, copies modernes : pesez la pièce (25 g attendus), mesurez-la (37 mm), examinez les lettres de tranche, qui doivent être nettes, et écoutez le son. Une surface granuleuse et des lettres empâtées trahissent une pièce coulée. Le guide [reconnaître une fausse pièce](https://numismatique-cannes.fr/guides/reconnaitre-fausse-piece/) détaille ces gestes.

## L'usure, type par type

Ces grosses pièces ont circulé longtemps : la plupart des exemplaires sont aujourd'hui en état « beau » ou « très beau », et ceux sans usure sont peu nombreux, surtout pour les dates antérieures à 1848. Les zones à observer ne sont pas les mêmes selon le dessin.
- **Hercule** : la poitrine et le genou du héros, la main qu'il pose sur l'épaule de la Liberté, les drapés.
- **Portraits** : la chevelure au-dessus de l'oreille, la pommette, les feuilles de laurier ; chez Louis-Philippe, les mèches de la nuque.
- **Revers** : les nervures de la couronne de feuillage, ou, sur les types à blason, les meubles de l'écu et la couronne posée au-dessus.Leur poids rend les écus sensibles aux chocs : coups sur la tranche, marques dans le champ. Un écu frotté ou astiqué prend un blanc uniforme et sans relief, qui fait baisser son intérêt. Laissez la patine en place et consultez les guides [états de conservation](https://numismatique-cannes.fr/guides/etats-de-conservation/) et [nettoyer une pièce](https://numismatique-cannes.fr/guides/nettoyer-une-piece/).

## Du franc germinal à l'arrêt de 1878

Le franc naît de la loi du 28 thermidor an III (15 août 1795), qui prévoit un écu d'argent de 5 francs dessiné par Augustin Dupré. La loi du 7 germinal an XI (1803) définit le franc comme 5 g d'argent à 900 ‰ : l'écu de 5 francs pèse donc 25 g, et ce poids ne variera plus.

Bonaparte, puis l'Empereur, les rois de la Restauration, Louis-Philippe, la IIe République, Napoléon III et la IIIe République y impriment tour à tour leur image. En 1865, l'Union latine associe la France, la Belgique, la Suisse et l'Italie autour de pièces aux caractéristiques communes, qui passent librement d'un pays à l'autre.

La baisse de l'argent par rapport à l'or pousse les pays de l'Union à arrêter la frappe des écus : la dernière date française est 1878. Les pièces continuent pourtant de circuler jusqu'à la Première Guerre mondiale. D'autres pièces de cette famille figurent dans la rubrique [monnaies en argent](https://numismatique-cannes.fr/monnaies-argent/).

## L'écu de 5 francs en argent, de la Révolution à 1878 à Cannes

Cannes est proche de trois systèmes monétaires qui partageaient le même écu de 25 g. Côté français, l'atelier de Marseille (MA) a frappé des 5 francs sous l'Empire, la Restauration et Louis-Philippe, de la rare 1808 MA (2 675 exemplaires) à la courante 1838 MA (2 062 160), avant sa fermeture, datée de 1857 par l'historien Henri Rolland. De l'autre côté du Var, le comté de Nice resta sarde jusqu'au traité de Turin de 1860 et utilisait la lire, dont la pièce de 5 lire avait exactement le poids et le titre de l'écu français. Monaco, enfin, n'a émis qu'un seul écu de 5 francs au XIXe siècle, en 1837, sous Honoré V. Si vous avez un doute sur l'origine d'une pièce, vous pouvez la montrer à la boutique de Cannes.

## Questions fréquentes

### Mon écu porte les lettres MA : d'où vient-il ?

MA désigne l'atelier de Marseille. Certaines dates y ont été frappées en grand nombre, comme 1838, d'autres en très petite quantité, comme 1808 : vérifiez le couple date-atelier dans un catalogue, ou lors d'une [estimation gratuite](https://numismatique-cannes.fr/estimation-pieces/).

### J'ai une pièce de 5 lire de Sardaigne : est-ce un écu français ?

Non, c'est la monnaie des États de Savoie, dont faisait partie le comté de Nice jusqu'en 1860. Elle a le même poids (25 g) et le même titre que l'écu français, mais le portrait, la légende et l'atelier (Turin ou Gênes) sont différents.

### Comment savoir sans outil si mon écu est bien en argent ?

Une balance de cuisine précise et une règle suffisent pour un premier tri : 25 g et 37 mm. L'argent n'est pas attiré par un aimant, et les lettres de la tranche doivent être nettes et régulières.

### Que signifie le petit trident à côté de la date ?

C'est le différent des écus de 1871 A frappés pendant la Commune de Paris. Les écus de la même année avec une abeille correspondent à la frappe ordinaire.

## Sources

- Wikipédia, Type Hercule
- Le Franc (lefranc.net), liste des types de 5 francs
- Le Franc (lefranc.net), F.288 Union et Force
- BDOR, 5 francs Hercule 1848-1849
- BDOR, 5 francs Hercule IIIe République
- BDOR, 5 francs Louis-Philippe tête laurée
- CoinVarieties, France 1870-BB 5 francs
- CoinVarieties, France 1867-BB 5 francs
- CoinVarieties, France 1870-K 5 francs
- CoinVarieties, France 1871-A 5 francs
- Numista, 5 francs Hercule IIIe République (N# 1187)
- CoinVarieties, France 1808-MA 5 francs (2 675 ex., Prieur et Schmitt 2014)
- CoinVarieties, France 1811-MA 5 francs
- CoinVarieties, France 1830-MA 5 francs (Charles X et Louis-Philippe)
- CoinVarieties, France 1838-MA 5 francs
- Wikipédia, Numismatique provençale (fermeture de l'atelier de Marseille en 1857, d'après Henri Rolland)
- Wikipédia, Lire sarde (5 lire de 25 g à 900 ‰, parité avec le franc, ateliers de Turin et Gênes)
- Wikipédia, Comté de Nice (traité de Turin, 24 mars 1860)
- CoinVarieties, Monaco 1837-M 5 francs (seul écu monégasque du XIXe siècle)
- NGC, Counterfeit Detection: Monaco 1837M 5 Francs

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Source : https://numismatique-cannes.fr/pieces/5-francs-ecu-argent/ · Éditeur : MAISON OR ET BIJOUX – CANNES, Maison Or & Bijoux Cannes, 5 rue Tony Allard, 06400 Cannes, 04 93 68 07 96. Estimation gratuite en boutique ; aucun prix publié sur ce site.
